Quand tu le vois,
tu t'dis "c'mec a la tête dans les étoiles",
nan nan, il a bien les pieds sur terre,
mais d'être un homme
il n'en était pas toujours fier.
Cette nuit là, plus qu'un ami, j'ai perdu un frère.
Et cette nuit encore, je n'arrive pas à trouver le sommeil, je me noie dans mes pleurs parce que toi tu t'es noyé dans un verre.
Et je pleure parce que tu m'appelais "p'tite soeur", parce que t'étais MON pello, que j'tavais promis, oui, promis que je te sortirai de cette merde.
Non frérot, non. Une fois. Je ne t'ai aidé qu'une fois. Je t'ai supplié à genoux de ne pas me laisser, de ne pas laisser ta soeur seule, seule et isolée sur cette putain de Terre.
Les larmes aux yeux, tu m'a dit le lendemain que tu "devenais fou" que tu "n'y arrivais pas"...
Ta soeur a baissé les bras. Toujours là pour moi, toujours a me protéger, pello, tu me manques..
Et je ne veux pas retourner à Lyon. Parce que je sais que je ne me ferais pas à l'idée de voir une tombe à la place de mon frère. Parce que Valentin aussi est devenu une loque, il ne s'en sortira pas. Je m'en veux bordel. je m'en veux d'avoir été si lache. Je m'en veux. je m'en veux comme on s'en veut d'avoir fermé les yeux devant un arc en ciel, comme on s'en veut de ne pas aimer de tout son coeur, comme on s'en veut d'exister..
Parce que j'ai perdu celui qui me protégeait.
Parce que j'ai perdu celui que j'appelais "grand frère".
Parce que j'ai perdu celui qui tenait la lampe dans le couloir sombre de la vie.
Parce que j'ai perdu celui à qui je devais tout.
Parce que c'est de ma faute. Avant tout.
"Parce que la vie c'est comme l'espoir, et si t'en a plus tu es comme mort et la vie relève de l'exploit"
Oui, un exploit tous les jours, continuer a me lever et de faire comme si, oui, comme si de rien n'était.
Frérot, j'ai jamais autant prié de toute ma vie, j'ai sûrement jamais autant pleuré que ces deux derniers mois.. Mais frérot putain, j'tai laissé tomber la tête la première dans la merde. Frérot j'suis seule maintenant, tellement seule... Et j'ten veux d'avoir existé, parce que je sais aujourd'hui que les gens biens existent, mais malheureusement pas assez longtemps.
Depuis que t'es monté là-haut
Les anges n'ont jamais été plus beaux...
Depuis que t'es monté là-haut
Ici, moi, je me sens toujours de trop
et je prie pour mourir plus tôt
M'envoler au-dessus des oiseaux.
Alors tous les jours je m'aide et je m'aide
à petite dose la drogue me rend raide
Et qui sait, peut etre qu'un jour moi aussi
J'arriverais, oh oui,à partir très loin d'ici.
Non.Fini les bédoh.Fini l'alcool.Fini les clopes. Tu m'auras montré la voie jusqu'au bout.
Et chaque soir, je m'endors la peur au ventre, les larmes aux yeux, comme si c'était moi qui t'avais tué..
Pix: Le berceau des enfances brisées/le vergoin...